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     bearboz@hotmail.com

Bélier ascendant sirène.
Né d’un père scribouillard communal et d’une mère fromagère.
Cette lourde hérédité le conduit tout naturellement à tailler ses crayons et à affûter ses sens.
Après une scolarité pénible et éprouvante (pour le corps enseignant), est entré aux arts déco de Strasbourg. En est sorti en 1995 pour aller perdre son temps à étudier la philosophie. N’a pas renoncé à vouloir adapter en bandes dessinées les Prolégomènes à toute métaphysique future -sans texte, de préférence. Depuis, produit peu, dessine beaucoup, et se décide lentement à remplacer la psychanalyse par la publication.

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en résidence
trois fois 10 jours
à la Maison des
Auteurs
d'Angoulême
fin juin, fin août
fin octobre 2011

2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 22:45


Sandrine Wymann et Bearboz

Publié dans NOVO N°1
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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 14:36


 Guy Verstraeten et Bearboz



retrouvez ces images dans l'album photo de l'article

publié dans Le Soir du 4/11/2008


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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 12:43

Le Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg accueille depuis le mois de juin une exposition qui a suscité notre curiosité et notre étonnement: Instants Anonymes.
Une exposition dédiée à la photographie amateur, à ces clichés sortis des albums qui n'ont jamais eu ni l'occasion, ni l'intention d'être mis en lumière.
Pour être sincère, notre opinion sur le sujet était plus que mitigée mais les échos, souvent enthousiastes, se multipliant nous nous sommes décidés à pousser les portes du Musée.
«Au fond, à droite commence l'exposition» nous annonce-t-on.


Dès l'entrée, nous sommes accueillis par un court texte qui rappelle combien le médium est populaire et qui annonce d'emblée qu'aucune indication de lieu, de date et d'auteur n'est donnée dans cette exposition. Sont ensuite mentionnés et remerciés Philippe Poirier à la mise en scène, Patrick Bailly-Maitre-Grand et Céline Duval pour leur participation ainsi que « tous ceux qui ont souhaité rester anonymes ».

Et là, commence le spectacle...
Des images, beaucoup, des couleurs, vives, des effets, séduisants, des souvenirs, pour certains, et quelques bonnes surprises.

Le parti pris de la mise en scène est de contre-carrer le petit format et le noir et blanc propres à ces photographies. Ainsi, les murs sont très colorés et quelques images sont agrandies, recolorées et imprimées sous forme de papiers-peints. Ces grandes reproductions accrochent l'oeil et sont très plaisantes à voir.

 

Les photographies, elles sont regroupées par thème. On commence par la photographie d'identité, on passe aux métiers et pousuit par les travailleurs, les loisirs, l'enfance, le femme, le couple, la mort... Certains thèmes renvoient à des inventions plus datées (ou datantes) telles que les deux roues, l'automobile.

Les témoignages d'époques se bousculent et révèlent une multitudes d'informations passionnantes et précieuses.

Mais... en quoi cette exposition trouve-t-elle sa place au musée d'art contemporain? Par qui est-elle revendiquée? Que dit-elle? Elle renvoie, certes, à des propos historiques, sociologiques, voire techniques, mais en quoi sa présence en ces lieux est-elle justifiée? L'invitation faite à deux artistes à apporter certaines pièces?

Patrick Bailly-Maitre-Grand, photographe et en ce qui nous concerne, collectionneur, signe une salle (la plus sobre en couleurs) en y exposant certaines de ses plus belles pièces. Il traite, à travers des photographies témoins, de certains thèmes comme le colonialisme, le mariage, la photographie aérienne. Son accrochage est très personnel et, nous lui en sommes reconnaissant, très personnalisé. Nous lui reprochons plus volontiers l'aspect didactique et démonstratif de son exposition.

L'autre artiste invitée est Céline Duval. Depuis des années, elle collecte toute sorte d'images imprimées, de la carte postale aux images de magazines en passant par la photographie. Son travail consiste en la constitution d'un fond iconographique et en l'exploitation de ce fond sous diverses formes (livres, magazines, exposition et vente...).

Elle présente ici un diaporama sélectionnant quelques images liées à la mer, à la plage, aux marées. En fond sonore, une mise en son est réalisée par el TiGeR CoMiCs GroUP*. Cette vidéo est sans doute la seule véritable oeuvre de l'exposition.

La visite terminée, il nous apparait qu'il aurait été plus juste de consacrer cette entière exposition à l'oeuvre de Céline Duval qui seule, développe autour de la photographie amateur (et pas seulement) un réel travail en la collectant de manière systématique, la traitant et la renvoyant au public à travers ses éditions ou vidéos.

A vrai dire, nous croyions ce travail préliminaire et artistique indispensable à la présence d'une oeuvre dans un musée d'art contemporain.

 

Quoi qu'il en soit, ces « Instants Anonymes » ne nous convainquent pas. Ils suscitent en nous bien des questions quant à la légitimité d'un espace institutionnel de cette importance à présenter ces images. A l'heure ou l'art contemporain a du mal à trouver un écho populaire, cette exposition terriblement démagogique est-elle la bienvenue? Alors que la place du commissaire d'exposition est emprise à bien des critiques est-il judicieux de programmer une exposition qui n'existe qu'à travers sa mise en scène sans même mentionner ce qui a justifié le choix des « oeuvres », ni même qui a opéré la sélection? Ces photographies, sans aucun doute toutes plus belles ou amusantes les unes que les autres, ne sont-elles pas en meilleur place dans leurs albums?

Une chose est sûre, nous finissons la visite par un sourire quand nous découvrons le petit pictogramme qui nous avait échappé à l'entrée: interdiction de prendre des photographies de l'exposition! 

 

 

Sandrine Wymann et Bearboz

 

*Nicolas Germain (el tiger comics group) propose depuis 1988, des "jujuart shows".
Après avoir exploré divers médias, de la peinture à l'installation en passant par la photo et la musique, il se produit seul sur scène en proposant des "expériences sonores et visuelles".

 

Instants anonymes du 4 avril au 14 septembre 2008 au Musée d'Art Moderne et Contemporain de Strasbourg


article publié sur Rue89

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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 11:25

En 1905, la compagnie Ouest-Lumière produisait et alimentait l'ouest de Paris en énergie électrique. Depuis 1991 Yann Toma, artiste plasticien redonne vie à cette structure. Il l'a investi physiquement en y installant son atelier et en fouillant les friches et les archives. A destruction des murs, Ouest-Lumière a changé de statut et d'objet. Yann Toma s'est entièrement approprié l'unité et son nom, il en est devenu Président à vie et l'entreprise aujourd'hui produit non plus de l'énergie électrique mais de l'énergie artistique. Le schéma administratif de l'entreprise, sa logique, ses codes, ses contraintes économiques sont le cadre de travail de Yann Toma. Comme toutes les entreprises, Ouest-Lumière doit se battre pour exister dans un monde capitaliste et concurentiel. Elle doit soigner sa communication, diversifier sa clientèle, étendre sa production et être présente sur le terrain international.


Le Musée Electropolis est de ces musées techniques, pédagogique et instructif. On ne s'y ennuie pas, la visite est vivante et amusante. Ce n'est cependant pas pour tout savoir sur l'électricité que nous nous y sommes rendus ce jour-là.
Nous savions que Yann Toma, le Président à vie de Ouest-Lumière s'était imiscé avec sa touche d'ironie, de critique et de mégalomanie dans les murs et parmi les objets de ce musée.
De prime abord, difficile de trouver l'exposition -voire de ne pas douter de son existence. Rien n'indique a l'entrée du musée, ni à l'accueil, qu'une exposition d'art contemporain est présentée cet été. Dommage. En d'autres lieux, cette escale du Président à vie de Ouest-Lumière et de sa collection privée aurait pu faire événement...

 

Peu importe, nous, nous savons pourquoi nous sommes venus et ne renonçons pas à entrer. Après enquête, on nous précise que c'est parmi la collection permanente du musée que nous pourrons voir les pièces de Ouest-Lumière. Nous prenons donc le sens de la visite et nous prêtons au jeu du visiteur du musée de la fondation EDF.
Maquettes, bandes son, explications, musiques... Avant, la bougie, maintenant, les barrages hydroélectriques et les centrales nucléaires... Nous passons cette introduction très pédagogique avant d'arriver aux salles consacrées aux pièces historiques.

 

Première rencontre avec le Président à vie de Ouest-Lumière.

Il s'est approprié les lieux: une petite pancarte nous annonce que nous allons entrer dans le «cabinet de curiosité du Président». Dans ce cabinet reconstitué, les murs sont couverts de vitrines dans lesquelles s'accumule une multitude d'instruments, d'éléments minéraux, de machines mécaniques et d'étranges bêtes naturalisées qui ont naguère éveillé la curiosité des esprits éclairés et que notre Président aurait ainsi collectionné.

 

Un peu plus loin, la visite nous mène à heure précise dans un théatre électrostatique. Lieu d'amusement, reconstruit ici à l'identique de ceux qui ont rassemblé en leur temps érudits et curieux qui se livraient à d'étranges expériences pimentées de coups de jus, d'étincelles et de cheveux dressés sur la tête.

Un animateur derrière un bureau signé Ouest-Lumière fait vivre au public de nombreuses émotions électrostatiques avec moultes explications et conseils de prudence.

Et la visite se poursuit ainsi avec de rares interventions discrètes relatives à Ouest-Lumière, comme la signalétique des toilettes, au détour d'une salle, qui précise «toilettes du Président».

 

Ou comme au coeur des pièces du musée quelques détournements amusants d'objets comme «le tableau d'appel des apparements particuliers du Président» ou la «combinaison de nuit du Président» qui est en réalité un tablier et une paire de gants de plomb pour radiographie de 1920.

On écoute aussi au passage l'hymne LATRABJARG de 1957, interprêtée par le Président à vie et diffusé dans des théâtrophones (appareils qui permettaient de suivre par écouteur «les plus grandes présentations artistiques dans l'intimité et le confort de son salon»).

Puis le sens de la visite nous mène dans des salles immenses et très techniques avant de nous conduire au dernier sous-sol dans un espace réservé exclusivement à Yann Toma. On découvre ici non plus la collection du Président à vie de Ouest-Lumière mais celle de Ouest-Lumière, l'entreprise fictionnelle.

 

La plupart des activités sont présentées: les oeuvres, les abonnements, les opérations de communication, les produits dérivés.

Au centre nous voyons enfin le Président à vie. Il est présenté en volume, en buste, en savant fou connecté de toute part, cadré comme à la télé et parlant dans un micro.

Les présentations sont faites et à peine son image nous est-elle dévoilée que nous ne la quittons plus. Le Président est partout présent. Quand il ne nous laisse pas un petit mot, son image se niche dans le coin d'une peinture ou au centre d'un organigramme de l'entreprise.

Comme à l'étage superieur les pièces exposées sont une juxtaposition d'archives réelles et d'oeuvres produites par l'artistes. Dans un cas comme dans l'autres elles sont revendiquée et estampillées.

 

Tout ce qui est dans ce musée est Ouest-Lumière et fait oeuvre.

Ponctuellement ou définitivement. Les actions papier, archives de Ouest-Lumière ont été retrouvées par l'artiste sur les lieux même de l'entreprise et sont exposées. Elles ont été reprises, réinvesties, réattribuées : chaque nouvel actionnaire de Ouest-Lumière a la charge d'une direction ou d'un service que nous découvrons entre autre à travers les épopées, grandes peintures à la manière bolliwoodienne réalisées à l'éfigie de leur commanditaires avec mention de leur fonction: Great Chancellar, Vice Président...

Un scopitone diffuse en boucle une présentation de Ouest-Lumière par l'un de ses actionnaires.

Le radion, produit dérivé de Ouest-Lumière, est présenté en pile et conditionné sous boîte. Il est accompagné d'une note qui précise que le produit est miraculeux, qu'il rend heureux mais qu'il est à consommer avec modération.

 

De grands tirages des séries photographiques proposées à l'abonnement, Crimes sur Commande, Sommeil, nous mènent à la dernière salle de l'exposition consacrée à la campagne publicitaire voulue et développée par le Président en Inde. Cette action, peut-être une des dernières en date est amplement développée à travers les traces photographiques des panneaux publicitaires peints in situ dans la petite ville de Neemrana. « be in the flux everytime », « be invisible in 1 minute » sont certains des slogans qu'une, sans doute très pertinente agence de communication, a mis au point pour vanter les produits Ouest-Lumière.

 

 

Yann Toma porte un point de vue artistique sur l'économie et l'entité entrepreneuriale.

Il rejoint en cela la préoccupation de tout un groupe d'artistes, de collectifs et de commissaires d'exposition. L'actualité nous offre de nombreux exemples de tentatives d'investissement du monde de l'entreprise par l'artiste ou plus généralement d'un intérêt vif porté par le monde de l'art au le monde de l'économie.

Yann Toma, avec Ouest-Lumière, va au-delà de l'analyse du système, il fait plus que l'infiltrer et le décortiquer: il l'investit, l'incarne, et, ce faisant, le parodie. Il nous connecte au monde de l'entreprise par sa géniale réappropriation et nous aide, par reproduction d'un schéma par ailleurs validé et confirmé, à mieux l'observer. A Mulhouse, comme dans chacune de ses interventions, on ne sait jamais vraiment où il veut nous mener ni dans quel développement il s'engage mais tout cela n'a guère d'importance: sa folie est attirante et nous sommes prêts à miser sur elle.

 

Sandrine Wymann et Bearboz

 

Ouest-Lumière — La Collection, au musée Electropolis de Mulhouse, du 31 mai au 31 août 2008.

http://ouestlumiere.free.fr

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 22:40

Ce qui est bien à Bâle, c'est qu'on n'a pas besoin de vérifier si l'année est paire ou impaire, de compter si cinq années se sont écoulées: Art Basel, c'est tous les ans et c'est début juin. Le rendez-vous est donc pris et ce matin, passée la frontière suisse, nous nous sommes rendus à la «Messe », lieu de la plus importante foire d'art contemporain.

Comme toujours, les tentes du cirque Knie, qui traditionnellement s'installe en voisin de la foire, nous permettent de savoir que nous sommes arrivés. Dans le parking s'engouffrent les voitures immatriculées d'Italie, d'Allemagne, de Monaco et de bien plus loin encore.

 

Au neuvième étage, sur la plateforme panoramique, nous garons la voiture et nous penchons un peu le long des gardes- fous pour une première vue d'ensemble. De la-haut, "ça" parait cernable, mais, par la suite, "ça" nous retiendra des heures sans qu'on ait l'impression d'en avoir fait le tour.

De petits personnages, un peu tous identiques, parfois traînant une valise ou poussant un landau (le modèle années 50 semble faire son retour chez les amateurs d'art) se croisent et s'amoncellent devant un arbre monumental et à l'envers, en acier inoxydé, de Roxy Paine. C'est le public, nombreux, qui attend l'ouverture des portes...

 

 

 

 

 

 

Un peu plus loin, des enfants courent, jouent et interpellent de curieux personnages, des figures un peu monstrueuses mais assez sympathiques: ce sont les douze têtes du quatrième opus de la série Moonrise – East- de l'artiste suisse Ugo Rondinone.

Nous nous dépêchons de descendre pour nous immerger à notre tour dans cette ambiance unique et pas désagréable. Les lieux d'exposition sont multiples: officiels, parallèles et nous choisissons, parce qu'il faut bien choisir, de commencer par Art Unlimited.

Cet espace, né en 2000, est réservé à des oeuvres encore moins classiques que celles traditionnellement présentées par les galeries. On y voit de nombreuses projections vidéo, de très grandes installations, des sculptures monumentales ou encore quelques performences. Le curator d'Art Unlimited, Simon Lamunière présente l'espace comme une vitrine de l'évolution contemporaine de l'art « qui se répend à toute vitesse sur toute la planète ». Et, en effet, les galeries ne viennent pas uniquement de Berlin, Londres ou New-York, mais aussi de Pekin, Johannesburg, Naples ou Sao Paulo. Les artistes n'ont pas davantage de frontières, et dans ce même hall se cotoient une tapisserie précieuse et colorée de l'artiste ghanéen El Anatsui (Strips of earth's skin – 2007) et l'imposant wagon du Chinois Qui Anxiong (Staring into Amnesia, 2007), wagon chargé d'émotion que le public traverse lentement pour regarder sur ses fenêtre des vidéos, images en noir et blanc ou documents d'archives, retraçant l'histoire de la Chine.

 

 

Dans un espace si vaste, on essaie toujours de se donner un sens de circulation, de raisonner ses déambulations pour ne pas voir et revoir la même installation. Ici Pénétrable BBL Bleu, 1999-2007, de Jesùs Rafael Soto, qui nous invite dans ses rideaux de fils bleu à partager une expérience sensorielle et visuelle.


Là, l'oeuvre monumentale et plaisante  Hotel democracy, 2003 de Thomas Hirschhorn, immense volume tout de carton et de scotch, matériaux traditionnels de l'artiste. La pièce se divis en 44 chambres d'hôtel, toutes meublées et équipées d'un lit, d'une table et de chaise, d'une lampe, d'une télévision et pour certaines d' un cabinet de toilettes. Sur les murs, les tapisseries sont des posters d'images relatives au conflit du Moyen Orient.

Nous nous enfonçons dans l'espace et constatons, avec un peu d'étonnement que les artistes confirmés sont très présents et que la dimension internationale et la référence au réseau mondial sont accompagnées de valeurs sures.

L'installation Untiteled currency, 2008 de Tony Oursler retient l'attention. Comme à l'accoutumé, il fait parler les images par la simple projection d'un mouvement de bouche sur une image fixe. Ici, c'est le billet de 100 dollars à l'effigie de Benjamin Franklin qui murmure sur une voix assez monocorde et difficilement compréhensible dans le brouhaha de la foire, un monologue dans lequel on grapille des mots comme «valeur, richesse, production, biens, services...».

 

 

Une vidéo de Johan Grimonprez, Double Take, 2008, attire également beaucoup de monde. L'artiste dont on se souvient du premier film Dial H-I-S-T-O-R-Y, 1995-97, qui avait marqué la dixième documenta de Kassel, revient avec ce second film qui questionne notre société traversée et influencée par les médias, les informations, la publicité, l'internet et même l'imagerie d'Hollywood. Avec beaucoup d'humour il fait intervenir Alfred Hitchcock et surtout ses sosies pour mener son analyse.

L'autre film qui attire les foules, à l'autre bout du hall est celui de Douglas Gordon et Philippe Parreno, Zidane, a 21st century portrait – camera 6, 2006.

Ce film réalisé avec 17 caméras (mais on ne voit ici qu'un montage réalisé à partir de la caméra 6) a été présenté au festival de Cannes en 2007. Sur deux écrans, installés en perpendiculaire, on voit Zidane de prêt, de loin, au ralenti, seul, au milieu des autres joueurs mais toujours sur un stade.

A côté de ces stars de l'art ou du football, quelques oeuvres plus discrètes ont attiré notre attention. La très belle installation de Damiàn Ortega Nine Types of terrain, 2007, projection en super 8 de petits films dans lesquels des briques se renversent comme une ligne de dominos, mais en extérieur, sans doute là ou elles on été trouvées.

 

 

Une grande douceur induite par le léger ralenti et la chaleur de la brique rouge s'échappent de cette oeuvre. Un agréable son claquant des briques qui tombent se mélange également au ronronnement des projecteurs. A peine plus loin Schattenspiel, 2002, de Hans-Peter Feldmann inspire sourire et nostalgie. A partir d'une série de jouets et d'objets souvenirs (ceux des magasins de touristes) fixés sur des disques tournants, il créé avec un jeu de lumière une ombre projetée et transforme un univers petit et ludique en des ombres qui défilent et passent de proches et sombres à floues, grandes et grisées.
Dans cette installation, rien n'est caché, rien n'est truqué. Les outils qui ont servi à l'artiste sont encore sur la table, tout est là pour nous suggérer que rien n'est plus naturel que de passer de la couleur au gris, de l'objet à son ombre.

La visite de ses expositions est longue et quand bien même notre curiosité nous pousse a en voir toujours plus, nous savons que nous ne pourrons tout voir.

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 


Une dernière salle nous retient. Elle inspire le calme et la lenteur.Chose rare dans cet environnement. Le travail de Jonas Dahlberg, Three roms, 2008 est la projection côte à côte de trois vues de chambre en noir et blanc dont le contenu, meubles et autres aménagements, disparaît très lentement. A peine perceptible cette disparition apparaît dans la durée sans qu'on sache vraiment si les objets se sont consumés ou ont fondu.




Art Basel, c'est encore le hall officiel, de nombreuses autres expositions, des projections, des débats, des tables rondes, des éditeurs, c'est de quoi voir, entendre et même toucher pendant les sept jours que dure la foire. Convenons que ce rendez-vous de l'art ne s'arrête pas aux portes de sa vocation commerciale.

 

Sandrine Wymann / Bearboz

Art Basel du 2 au 8 juin 2008


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